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Digital de surface et Digital des profondeurs

Digital de surface et Digital des profondeurs

Au sein de l’entreprise et de l’administration, la notion de transformation digitale est souvent floue, mal interprétée, segmentée à des fins simplificatrices suivant des périmètres métiers ou techniques. Les conséquences sont que cette transformation s’en trouve fortement dénaturée et éloignée de ses enjeux tactiques.

Nos habitudes de pensée, la structure des entreprises, les organisations, tout invite à réfléchir suivant des aires bien délimitées, avec des champs de responsabilités et des visions qui ne suivent pas les exigences d’ouverture, de transversalité de cette transformation.

// Télescopage

Le ‘’digital’’ vient se télescoper avec tous les chantiers qui vont dans le sens de l’entreprise numérique, y compris quand ils se font par de la collecte de services divers et variés dans le cloud. Ce digital est mal-né parce que mu par une obligation d’avoir une ‘’image digitale’’ ou bien par crainte d’un marché qui fait planer le spectre de ‘’l’uberisation’’ à quiconque se refuse au tout digital. Aussi, si nous devions mettre une segmentation avec des mots, tenter d’expliquer, on pourrait parler d’entreprise numérique concernant la dématérialisation des processus, d’entreprise analytique en ce qu’elle capte la data pour lui donner une valeur d’analyse, et l’entreprise digitale quant à elle qui met à disposition les données au travers d’applications qui respectent des usages privés ou des situations de travail professionnelles. Mais quand on a dit cela, on n’a pas parlé de Transformation digitale.

// Une approche holistique, à l’image du retour arrière de la médecine occidentale

La segmentation des spécialités médicales a éloigné la médecine d’une vision globale du corps. Elle s’est fermée aux médecines alternatives, aux médecines préventives. Aujourd’hui, elle décide de faire marche arrière et s’intéresse de manière plus globale au corps, à l’humain plus qu’à la maladie et ses symptômes en eux-mêmes. Le sens est trouvé par l’analyse multi-factorielle complexe des actions multi-directionnelles.

On peut faire un parallèle entre l’entreprise et le corps où, à bien des égards, on constate que les experts ne se parlent pas, ont du mal à travailler ensemble avec et pour une vision globale.

La transversalité des projets va apporter de la complexité et ce sont les relations entre les hommes, le storytelling qui vont simplifier cette complexité. Nous y reviendrons plus loin avec les moyens de maîtrise de cette complexité.

Toujours est-il que l’approche globale exige le rapprochement des métiers, des datascientists, des computer scientists qui doivent trouver les moyens d’échange et de compréhension mutuelle. On pourrait parler d’un nouveau protocole conversationnelle accompagné d’assets visuels au sein de l’entreprise pour permettre cette transformation digitale.

Le digital, pour faire court puisque maintenant les choses sont clarifiées, est une approche totale, globale en ce qu’elle place l’utilisateur des services digitaux (le bout de la chaine digitale), au centre de toute réflexion. Cette main tendue suivant tous les axes de la vie (économique, familial, social, professionnel, émotionnel…) permet de faire émerger des data qui imprègnent l’entreprise émettrice du service et qui en modifient sa structure, son rapport aux projets, aux RH, à ses services.

// Réussite de la transformation digital : les moyens

C’est parce que l’agilité au départ a été mise à toutes les sauces dans l’entreprise qu’elle a eu du mal à exprimer son action et son intérêt. Parce que la juste appréciation du facteur humain a été ignoré dans le changement, parce que sa vision n’a pas été systémique. Ce buzz word « Agilité » prononcé de manière incantatoire ne provoquait ni engouement, ni changement.

Transformation Agile et Transformation digitale se font échos, se fécondent l’une l’autre, reposent toute deux sur une approche systémique et demandent pour réussir de créer une sorte de pollinisation interne à la structure.

Aussi le digital repose sur 3 piliers, indissociables les uns des autres et qui constituent le matériau composite de la transformation

/// La facilitation pour laquelle le design thinking, l’UX apportent un moyen d’expression de besoin qui ne repose plus sur des cahiers des charges ou des spécifications aux précisions chirurgicales.

Une sorte de MOA 2.0 voit le jour, réenchantant la courroie de transmission entre métier et SI, proposant des livrables visuels fédérateurs fruits d’ateliers originaux, créatifs, humanisés. Les projets ne sont plus conditionnés par des cahiers des charges qui passent de main en main, de bureau en bureau, avec un perte de la vision globale et de finalité des produits et services.

/// La gestion de la complexité, là encore grâce à une approche très visuelle de représentation des concepts, des processus, des irritants, des parcours utilisateurs, de la data.

/// Ces deux piliers soutiennent le troisième : la conception et la réalisation d’assets digitaux, se faisant par couches sédimentaires fonctionnelles successives. Suivant un principe comparable au rasoir d’Ockham, construire un prototype pour produire un MVP, l’évaluer et évoluer.

La transformation digitale s’écarte de toute perception atomiste de la structure à changer au profit d’une vision complète des changements humains et structurels à opérer.

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